Science et Vie n°1096, mois de janvier 2009, c'est quand même pas n'importe quoi. Oui, plusieurs pensaient déjà que le diamant de la couronne et le Hope était le même, mais ce n'était pas prouvé, maintenant, on a la preuve, grâce à la réplique en plomb. Mais vraiment, je ne vois pas où sont les incohérences. L'histoire que j'ai racontée est la même que tu as sur ton site, à l'exception de la réplique en plomb, qui est une découverte récente. Je fais une comparaison avec le fictif coeur de l'océan, parce que dans le film, on prétend que le coeur de l'océan est le diamant de la couronne, et on le dissocie du diamant Hope. Aujourd'hui, il semble qu'il ne fait nul doute qu'ils sont bel et bien le même joyaux.
Voici la réplique en plomb du diamant de la couronne :
Avant cette découverte, on avait supposé à partir de 1850, que le Hope pouvait être le diamant de la couronne, mais sans preuve. La plus proche comparaison venait du fait que en 1988, l'historien Bernard Morel, en analysant une gravure de 1787, remarqua que le diamant de la couronne qui était représenté ne semblait pas pouvoir être le Hope d'après ses propriétés apparentes. Il supposa l'hypothèse que l'auteur de la gravure n'avait pas été assez précis dans la représentation du diamant. Morel pris sur lui de refaire la gravure en s'appliquant davantage sur le diamant, et c'est à partir de cela qu'il supposa que le Hope pourrait bien être la retaille du masjestueux joyaux.
En 2006, François Farge devint conservateur du département de minéralogie du musée d'histoire naturelle de Paris. Il entreprit un inventaire des réserves, un travail de longue haleine qui peut prendre jusqu'à plusieurs mois et même plus. Vers la fin de 2007, un technicien, Jean-Marc Foucault fit la découverte d'une réplique en plomb d'un diamant parmi des échantillons de plomb naturels, mauvaise classification.
"J'ai été submergé lorsque j'ai retourné la réplique et que j'ai reconnu la fameuse 'rose de Paris', les sept facettes de la taille de Pitau [Jean Pitau, le joailler de Louis XIV, ndlr].
J'ai aussitôt pensé à la gravure connue du diamant bleu, mais je n'osais y croire. J'en ai pas dormi pendant une semaine, je me réveillais toutes les trois heures pour regarder les photos que j'avais prises. C'était trop beau pour être vrai." - François Farge
Une numérisation de la réplique en plomb est faite, ainsi qu'une comparaison électronique avec le fameux Hope (à l'échelle bien sûr), et tout concorde, la taille et même les asymétries.
Voici la reproduction numérique du diamant de la couronne :
Voici la comparaison :
Pour Farge, il est indéniable que c'est la preuve que le diamant de la couronne et le Hope ne font qu'un.
"Le diamant Hope provient du diamant bleu, c'est désormais certain à 99,9%", conclut Farge
Maintenant, on s'intéresse à ce qui est advenu du Hope entre sa disparition sous la forme d'un coeur à la fin du 18ème siècle et sa réaparition sous la forme d'un ovale au début du 19ème siècle. Comme dans un musée, rien ne se perd (et j'en sais quelque chose), chaque objet a son étiquette et on retrouva cette de la réplique en plomb qui avait été interchangée avec une autre. On apprit que le musée avait reçu la réplique d'un joaillier de Paris, Charles Achard. Lequel avait noté les propriétés du diamant et en avait fait une réplique en plomb comme il était coutume à l'époque pour un client de Londres, M.Hoppe. Avec deux p, ce n'est pas une erreur de transcription. Mais Hope et Hoppe, la coincidence est intéressante. Ainsi, Henry Hope aurait fait l'acquisition du diamant bleu alors qu'il était toujours en forme de coeur, peu après 1792, il savait bien qu'il s'agissait du joyaux royal. C'est lui qui aurait demandé sa retaille pour le cacher. Mais d'après les experts, cette retaille a fait du diamant un bijou beaucoup moins intéressant qu'il ne l'était sous la forme de coeur. Pour eux, il s'agissait d'un chef-d'oeuvre, sa taille en sept facettes était la signature d'un maître et jamait le Hope ne pourra briller comme il brillait du temps qu'il était le diamant le plus prisé de la couronne de France. Pour la suite, on sait ce qu'il en est devenu.
Si ce n'est déjà fait, on pourra admirer bientôt une réplique en zircone du diamant bleu réalisé d'après la réplique en plomb au Smithsonian Institute de Washington, tout près du diamant Hope.
_________________
Invité est un singe... avec des clés de char.
amyart.fr.nf