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 Histoire : Le culte des Anges et l'église

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Umahel
Malakhim
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MessageSujet: Histoire : Le culte des Anges et l'église   Dim 13 Oct 2013 - 14:10

Les hiérarchies célestes :

Dans le milieu du Paganisme, la philosophie néoplatonicienne développe sa propre angéologie, cherchant à concilier la multiplicité des dieux païens avec l'unité supérieur du divin.
Le philosophe Proclus (412-486) est le premier à associer dieux et anges dans un système hiérarchisé en neuf degrés répartis sur trois ordres. Selon lui, les dieux inconnaissables ne peuvent se manifester que sous la forme des Anges, qui sont leur émanation et transmettent leurs énergies divines.
Cette hiérarchie païenne en neuf degrés, le pseudo-Denys l'aréopagite va la réactualiser pour le compte des chrétiens dans un célèbre ouvrage écrit en grec au cinquième siècle, baptisé La hiérarchie Céleste .
Reconnue comme une oeuvre majeure de l'église au second Concile de Constantinople en l'an 553, ce texte fondateur de l'angéologie chrétienne inspirera les grands théologiens du treizième siècle que sont Albert le Grand et Thomas d'Aquin.
Quel classement extraordinaire le pseudo-Denys l'Aréopagite a-t-il établi ? Il a cartographié le monde invisible en trois hiérarchie d'Anges, qu'il définit comme des essences célestes. En réalité il s'est contenté de concilier les données chrétiennes traditionnelles et la philosophie platonicienne de Proclus. Si les Séraphins, Chérubins et Trônes forment la première hiérarchie céleste, les Dominations, les Vertus et Puissances constituent la seconde hiérarchie, et enfin, les Principautés, les Archanges et les Anges achèvent la dernière hiérarchie. La triade devient donc une figure privilégiée, induisant une représentation parfaite du monde céleste en neuf ordres angéliques.
Bref, c'est à partir d'un modèle néo-platonicien que l'église dégage petit à petit une angéologie orthodoxe. Une chose essentielle est a noter : la disparition de toute allusion aux Veilleurs ou aux Egrégores, les Anges soldats qu'Hénoch croise au cours de son odyssée a travers le Cinquième Ciel.

Le culte des Anges :

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Car malgré les ajustements doctrinaux, le Culte des Anges poursuit sa prodigieuse expansion parmi le peuple. En effet, à partir du sixième siècle, les sanctuaires dédiés aux Anges se multiplient et les invocations privées a leur endroit frisent plus d'une fois la superstition. Il faut savoir que dans son effort perpétuel pour définir et canaliser la dévotion rendues aux Anges, l'église se heurte très tôt au problème des pratiques théurgiques. Le but de ces pratiques magiques réprouvées ? Utiliser des prières secrètes pour faire tout bonnement apparaître les Anges. Or, certains Anges invoqués ne sont connus que par les livres considérés déjà à cette époque comme extra-canoniques. Et là, les choses se compliquent à nouveau. Car la principale source d'identification des Anges reste le Livre d'Henoch, preuve que le document interdit circule toujours sous le manteau.
Ainsi en est-il de l'Ange Uriel, le quatrième Archange, dont le crédit est tel que son invocation est courante dans diverses contrées, et ce jusqu'à une date avancée du Moyen-âge.
Cela n'empêche pas divers synodes de tenter d'endiguer cette extension du culte des Anges : l'essor d'une dévotion aux puissances célestes risque de dévoyer la foi chrétienne et de mêler les cultes a des divinités locales.
C'est ainsi que le décret gélasien au sixième siècle interdit l'usage de tout phylactère (amulette) portant des noms d'Anges, que l'on prenait pour des noms apocryphes de démons. N'oublions pas que pour l'église, il ne peut être question d'adorer les Anges, mais seulement de les louer, les prier, de les imiter. La chasse aux Anges va plus loin.
Sous le pape Zacharie, un concile de Rome en 745, interdit d'invoquer Uriel, Raguel, Adimis, Tophoas, Sabaoth et Simiel, sous prétexte que ces Anges sont en réalité des démons. Seuls les noms d'origine bibliques tels que Michel, Gabriel, Raphaël, peuvent être légitimement utilisés dans les prières adressées aux Anges.
Même pour les conciles francs organisés par Charlemagne introduisent dans la législation le principe limitant le culte des Anges à ceux mentionnés dans l'Ecriture. En 789, le Concile d'Aix la Chapelle confirmera la décision de Concile de Rome en interdisant de fabriquer des noms d'Anges en dehors de Michaël, Gabriel et Raphaël. La décision est sans appel : dans tout l'empire carolingien, l'invocation d'autres Anges que ces trois derniers est frappée d'excommunication ! Ces mesurent portent un coup mortel à la popularité d'Uriel.
Beaucoup plus tardivement, le Concile de Latran IV en 1215, rappellera avec force le libre arbitre des Anges, donc le danger potentiel d'invoquer des démons à la place des Anges. Pour lutter contre l'idolâtrie larvée, le concile de Trente, qui débute en 1545 et qui va s'étendre sur 18 ans, va quant a lui distinguer le culte de Latrie, culte d'adoration réservé à Dieu, du culte de Dulie pour les saints et les Anges et enfin du culte d'hyperdulie, adressé a la Vierge.

La querelle des images

Si les conciles occidentaux épurent le culte des Anges, l'Orient est en proie a la Querelle des Images. Ceux qu'on appelle les Iconoclastes s'attaquent à toutes les icônes du Christ, des Saints ou des Anges.
Prendre la défense des icônes revient alors a défendre les Anges, considérés comme les canaux de la puissance divine. Au cours du Concile de Nicée II en 787, se pose la délicate question de la représentation des Anges. Pour Jean de Thessalonique, bien que les Anges et les Démons ne soient pas incarnés dans un corps grossier comme celui des hommes, leurs caractères incorporel ne saurait être absolu. Seul Dieu est incorporel et sans limite. Les Anges et les Démons sont donc considérés comme relativement incorporels.
Alors que l'Orient défend le culte des Anges contre les attaques des iconoclastes, l'Occident tente de contenir les débordements de la piété populaire. Nicée II en 787 rend finalement licite la représentation des Anges sous forme humaine. D'où le nombre important d'icônes les représentant.

Les dérives du mythe :

Comment croire que l'histoire des Anges déchus et des Néphilims ait pu être à l'origine de l'abominable chasse aux sorcières qui a frappé l'Europe du quatorzième au seizième siècle ? C'est pourtant ce qui s'est passé, occasionnant la mort de milliers d'innocents accusés à tort de pratiques diaboliques. Mais comment en est on arrivé à une pareille folie meurtrière ? L'histoire des Anges rebelles et de leur transgression avec les filles des hommes est un des facteurs envisageables pour expliquer le fanatisme qui s'est emparé alors de l'église, pour laquelle le sexe est coupable et la sorcellerie une hérésie, comme le stipule une bulle papale en 1326. Dans le logique réductrice d'une vision dualiste du monde, le processus de diabolisation des adversaires est gage de pouvoir : " Qui n'est pas avec nous est contre nous". Logique paranoïaque, où la diabolisation devient une arme de propagande politique contre les ennemis, présentés comme des suppôts de Satan.
Mais que viennent donc faire les Nephilims dans cette affaire ? Les esprits errants des Nephilims sont maintenant appelés Incubes et Succube, démons d'un nouveau genre susceptibles d'avoir des relations sexuelles avec les hommes et les femmes. Sur les bûchers qui s'allument suite à la publication en 1486 du Malleus maleficarum, le traité des Inquisiteurs, les femmes beaucoup plus visées que les hommes, sont accusées d'entretenir des relations charnelles avec ces esprits invisibles, notoirement dangereux. La résurgence de vieux scénario mythique est désormais synonyme d'arrêt de mort. Près de 1800 ans après le Livre d'Hénoch, on ne folâtre toujours pas impunément avec les messagers des mondes invisibles.

L'église actuelle :

Faut-il aller jusqu'à faire l'hypothèse d'un complot de l'église pour occulter l'histoire des Nephilims, associés depuis toujours à la sorcellerie, à la débauche, et surtout supposés être les premières créatures célestes hybrides du monde judéo-chrétien avant Jésus, le "Dieu fait Homme" ? Le bon sens voudrait que l'on réponde par la négative à cette question.
Pourtant, on ne peut manquer de souligner, il n'y à pas si longtemps encore, dans les années soixante, le refus du Vatican de rendre publics les fragments d'Hénoch.
Mieux, en 2002, le Vatican a réitéré l'interdiction de mentionner d'autres Anges que Michaël, Gabriel et Raphaël, faisant curieusement l'impasse sur Uriel, le quatrième Archange mentionné dans le livre d'Hénoch. Ce qui signifie, dans le langage officiel de l'Osservatore Romano, le quotidien du Vatican, que l'église défend de s'intéresser à d'autres livres que les ouvrages reconnus, soit une forme déguisée de mise à l'index.
Or, si l'église a éprouvé le besoin de faire le point à ce moment là, c'est que 2002 a correspondu à un come back historique d'Hénoch.
Cette année la, une édition grand public des versions éthiopiennes et slavoniques du Livre d'Hénoch était publiée dans tout le monde francophone sous la direction du Journaliste Pierre Jovanovic. La même année, à destination des pays anglo-saxons, sortait une monumentale édition rédigée par Georges W.E. Nickelsburg, professeur de religions comparées a l'Université de l'Iowa. Ce dernier cherchait à montrer l'influence du Livre d'Hénoch sur l'Ancien et le Nouveau Testament.
Comment ne pas s'étonner qu'en ce début de XXIe Siècle, l'église continue de camper sur ses anciennes positions, tenant l'histoire des Anges et des Néphilims pour dangereuse ?
Le fait même de continuer à proscrire les apocryphes qui, rappelons-le, vient du grec Apokryphos signifiant "caché", contribue à raviver le mystère et l'intérêt pour le secret porté par les Anges rebelles, attisant sans cesse la curiosité et alimentant la thèse d'une conspiration.
Le succès du Da vinci code publié en 2003 en offre la preuve la plus tangible. N'oublions pas que les Anges rebelles seraient à l'origine de la magie, de la sorcellerie, de l'alchimie ainsi que de l'astrologie sur Terre.
Pour résumé, on peut dire que la position de l'église sur le récit hénochique suit l'avancée du christianisme dans la société romaine. Les pères Grecs des trois premiers siècles ont avant tout utilisé le scénario de la chute des Veilleurs à des fins apologétiques. Si la figure de Jésus encore incertaine est absente de leurs plaidoyers, affirmer la réalité de l'existence des Démons, issus de tradition hénochique et reconnus par les penseurs platoniciens, leur permet de mener à bien leur stratégie de diabolisation de l'Empire et de condamnation des païens comme agents démoniaques.
Dans leur désir d'établir la supériorité du Christianisme sur le paganisme, et en dépit des persécutions, Justin, Tatien, Origène et les autres pères, nourris de philosophies platonicienne et poussés par l'urgence n'ont pas hésité à forcer le trait. Car deux grands dangers menacent la religion naissante: Le gnosticisme, qui vilipende le Dieu de l'Ancien Testament, et le manichéisme, qui entache de suspicion le monde matériel. Etablir l'existence d'un complot démoniaque à l'oeuvre depuis la chute des Veilleurs à l'époque du Patriarche Jared, leur permet de s'inscrire dans vieille tradition, qui vient cautionner leur engagement et leur discours.
Mais le quatrième siècle marque un tournant dans la perception du scénario de la chute des Veilleurs. La nouvelle génération de pères de l'église doit désormais faire face à un nouveau danger bien plus graves : La montée des hérésies qui s'en prennent à la nature même de Jésus. La crise arienne qui traverse tout le siècle envenime les querelles christologiques au point de nécessiter la convocation des deux premiers grands conciles oecuméniques de la Chrétienté.
Dans ce contexte tendu, le simple fait de mentionner les Bene Elohim, les "fils de Dieu", ou les Nephilims, ces figures préchristiques mi-humaines, mi-célestes, relève du pur suicide. Les pères s'engouffrent tous derrière la théorie séthite qui leur permet de rationaliser le mythe et donc de se défaire des apocryphes gênants, dés lors relégués au nombre des textes hérétiques. A la fin du quatrième siècle, le canon du Nouveau Testament est clos aux synodes de Carthage de 397 et de 419.
Dés lors, le Livre d'Hénoch entre dans une longue période d'oubli, mais les Anges, ces forces protectrices à l'oeuvre dans l'univers, restent au centre des cultes populaires ainsi que des courants ésotériques de la Kabbale, à côté des Démons. Car les Anges, en raison de leur liberté intrinsèque, partagent avec les humains la possibilité de déchoir, voire de se transformer en Démons. Eux aussi participent depuis les sphères invisibles au grand drame cosmique qui caractérise l'existence depuis la Chute.
Mais seul l'homme porterait en son être une étincelle divine : Dieu l'a fait à son image et lui a donné la vie en lui remettant son propre souffle. Même les Anges ne peuvent se targuer de telles faveurs, d'où la jalousie éternelle de Satan.



Source :  Concile de Nicée I, Concile de Laodicée, Concile de Constantinople I, Concile de Carthage, Concile d'éphèse, Concile de Chalcédoine, Concile de Constaninople II, Concile de Rome, Concile de Nicée II, Concile de Constantinople IV, Concile de Latran IV, Bulles papales, Concile de Trente, Livre d'hénoch, Ancien et Nouveau testament, etc...

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MessageSujet: Re: Histoire : Le culte des Anges et l'église   Dim 13 Oct 2013 - 17:04

"Mais seul l'homme porterait en son être une étincelle divine "

Vu les chansons actuelles qu'ont entend à la radio, je suis fait de métal donc je n'ai pas cette étincelle ce qui me ramène a la question, qui est ce que j'aime ? qui suis-je ?

Bref le co**ard de pote dont je t'ai parlé m'a présenté une histoire avec les néfilims et et j'été surpris de les retrouver dans tes lignes.
Le livre d'hénoch par contre, il m'en a jamais parlé. Et j'ai pu lire qu'il avait une influence sur le vieux et le nouveau testament ?
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MessageSujet: Re: Histoire : Le culte des Anges et l'église   Dim 13 Oct 2013 - 18:28

Niouz si tu as l'occasion, tente de te procuré un exemplaire du science et vie sur l'enfer et le paradis qui est paru pendant les vacances. Tu as quelques infos sur le sujet dedans.
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MessageSujet: Re: Histoire : Le culte des Anges et l'église   Dim 13 Oct 2013 - 18:38

Poahhh comment faire ça...
Je vais voir.
Bah la question que je me pose principalement est quelle est mon orientation sexuelle...

après le paradis, l'enfer à voir, le pérené, l'os occipital à découvrir, j'ai trop de choses devant moi lol

A l'attaque boxe Stars War 
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MessageSujet: Re: Histoire : Le culte des Anges et l'église   Dim 13 Oct 2013 - 18:45

c'est tout un programme de découverte et de travail intérieur...
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MessageSujet: Re: Histoire : Le culte des Anges et l'église   Aujourd'hui à 9:38

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